Saturday, May 27, 2006

de l'école à la vie professionnelle

Contribution au Projet socialiste
De l’école à la vie professionnelle, quel projet éducatif pour la jeunesse ?

Propositions issues du débat organisé à Thaon-les-Vosges, à l’initiative de la Section Avière-Durbion, et des rencontres avec les syndicats d’enseignants

L’école doit être un vecteur de progrès social :
Elle ne doit pas seulement répondre à la demande du marché, mais surtout être source d’ouverture d’esprit et d’épanouissement personnel.
Elle doit permettre les conditions nécessaires pour prolonger la scolarité, notamment en direction des populations défavorisées.
L’école ne doit pas se contenter d’être le reflet de la société et de répondre au besoin de compétition et de concurrence de la société libérale.
Elle doit atténuer le système de discriminations de la société.
La Lorraine est en retard pour l’obtention du BAC et les Vosges sont en retard pour l’accès à l’emploi des jeunes. Il faut donc avoir plus d’ambition et mieux prendre en compte les situations sociales difficiles.

Apporter des réponses sociales :
Prévenir les sorties du système scolaire sans qualifications en traitant les causes avant les symptômes
Aider les familles en difficultés, lutter contre l’absentéisme
Rétablir les personnels d’accompagnement scolaire, tels les médecins, les infirmières, les assistantes sociales dans leur statut de fonctionnaire de l’Education national et renforcer leur recrutement
Doter tous les établissements d’enseignement public des personnels pouvant venir en aide aux élèves, psychologues et éducateurs, afin que ces moyens ne soient pas seulement l’apanage des établissements privés
Promouvoir une réelle égalité, la gratuité scolaire y compris pour les fournitures, la cantine, l’accès aux bibliothèques et aux transports

Pour la petite enfance :
Combattre les inégalités dès la petite enfance par une scolarisation précoce en maternelle
Rendre l’école obligatoire à 3 ans ne doit pas exclure l’accueil dès 2 ans pour répondre à une demande de scolarisation, avec la mise en place d’un encadrement adapté ( espaces, effectifs )
Prendre réellement l’école maternelle en compte dans la formation initiale des maîtres
Limiter les effectifs à 25 élèves en maternelle, ce qui vaut aussi pour l’élémentaire
Répondre aux groupes de besoins avec 4 maîtres pour 3 classes, y compris en RPI
Redonner les moyens aux réseaux d’aide en milieu rural privés actuellement d’enseignants spécialisés, de médecins, d’infirmières et d’assistantes sociales
Créer un nombre suffisant de structures nécessaires pour l’accueil des enfants handicapés et des élèves en difficultés, afin que l’un ne se fasse pas au détriment de l’autre
Prendre d’avantage en compte la gestion de difficultés scolaires comme la dyslexie
Combattre les inégalités sociales et l’isolement culturel en développant l’accès à la culture et à la connaissance pour tous
Faire accéder tout le monde aux apprentissages fondamentaux et à une culture commune en développant les structures d’aide et de soutien
Créer un service public de garde de la petite enfance, favorisant ainsi une évolution sociale et une amélioration des conditions de vie de la famille par l’accès à la formation et à l’emploi pour les parents



Donner à l’éducation à l’orientation toute sa place :
Stopper l’érosion du corps des COP à peine cités dans la loi Fillon et redonner sa place à l’éducation à l’orientation devenue inexistante
Arrêter la marche forcée de la privatisation de l’éducation nationale qui a déjà pris effet dans la formation professionnelle
Donner les moyens de l’éducation à l’orientation à l’éducation nationale en recrutant un nombre suffisant de Conseillers d’Orientation Psychologues afin que tous les élèves puissent bénéficier des bilans et évaluations nécessaires à l’évolution de leur cursus scolaire ou à la construction d’un projet professionnel si le jeune fait le choix d’une entrée dans l’enseignement professionnel. Il n’est pas acceptable que seuls les parents qui en ont les moyens puissent obtenir des bilans cohérents par des services d’orientation privés qui se font payer très cher !

Rénover et revaloriser les Lycées Professionnels, devenus les parents pauvres du système scolaire accueillant les publics en difficultés, et leur donner toute leur place afin de renforcer les dispositifs de formation professionnelle au sein du service public d’éducation nationale : la réussite majeure passe par le BAC PRO, point clé de l’orientation et d’une insertion réussie
Prévenir les sorties du système scolaire sans qualification en traitant les causes avant les symptômes
Développer l’attrait de la formation à des métiers, déployer des moyens nouveaux pour aider les jeunes à construire leur projet et réussir leur entrée dans la vie active
Recréer du dynamisme dans certains métiers, améliorer la qualité du travail, accompagner l’évolution et l’adaptation, poser le problème des parcours professionnels et définir des méthodes
Revaloriser les métiers de l’artisanat, et les formations professionnelles qui peuvent être, elles aussi, porteuses de diplômes qualifiants
Mettre la formation en alternance sous statut scolaire avec une prise en compte pédagogique, y compris de l’acte de travail de l’apprenti

Promouvoir l’indépendance des jeunes grâce à une allocation d’autonomie, une réelle prise en compte des problèmes matériels liés aux études ou à la préparation d’un projet professionnel
Apprendre à vivre ensemble en instituant une période de service civil à 18 ans, mettre à profit ce temps pour rendre un service social et faire l’apprentissage du civisme
Changer les statuts des stagiaires non rémunérés comme les élèves ingénieurs qui sont souvent exploités et considérés comme de la main d’œuvre à bon marché, parfois sans encadrement. Une rémunération suffisante doit permettre de subvenir aux frais de déplacement, de nourriture et de logement. ( dépenses ruineuses pour les familles, rendues inaccessibles pour les plus pauvres )

Prendre en compte les différentes origines sociales et culturelles dans des programmes actuellement faits pour les classes moyennes et facteurs de discriminations
Prendre en compte la culture populaire et intégrer différentes formes de cultures au sein de la culture commune
Favoriser l’expression orale en langues vivantes grâce à des groupes à effectifs réduits et un apprentissage dès la maternelle
Donner réellement les moyens au collège de remédier aux difficultés des élèves en mettant en place des groupes de besoin et les stratégies d’aide et de soutien, ce qui suppose de recruter des enseignants et de revenir sur les suppressions de postes



Lutter contre la précarisation de la fonction enseignante, redonner des places aux concours et revoir les statuts des vacataires ( le problème des 200 h pour l’enseignant que l’on congédie dès la 201ème heure et pour les élèves de voir se succéder 3 professeurs différents dans la même matière au cours de l’année scolaire )
Former les enseignants pour favoriser une pédagogie de l’aide aux élèves en difficultés scolaires


Conclusion
A la différence de la droite, nous mettons l’éducation au cœur de la société de solidarité que nous voulons construire. Nous refusons la précarité institutionnalisée par les politiques libérales qui n’ont comme objectif que la rentabilité et le profit.
Nous voulons une refondation ambitieuse de l’école, une véritable école de l’exigence. Nous voulons construire l’école du 21ème siècle et empêcher le droite de poursuivre son œuvre destructrice de l’école. Il faut abroger la loi Fillon !

Nous refusons aussi l’idée du déclin, prétexte à toujours plus de précarisation. Notre pays est riche, il a des atouts, il lui faut retrouver le chemin du développement économique par le biais d’une recherche dynamique ( que nous devrons amener à 3% du PIB ) levier indispensable d’une politique industrielle volontaire face aux délocalisations, d’un rayonnement culturel et d’un emploi qualifié pour demain.

Le fondement du système éducatif pour construire la société que nous voulons, c’est déjà l’accès à une formation initiale, une culture commune qui permette l’accès à une formation professionnelle, qui ouvre la voie à une formation tout au long de la vie à travers des parcours professionnels sécurisés et un vrai plan d’entrée dans la vie active pour les jeunes, grâce à une allocation d’autonomie et à une couverture professionnelle universelle.
L’école a un grand rôle à jouer pour favoriser l’égalité, l’accès à la connaissance et à la culture, l’épanouissement et l’émancipation des jeunes. Notre projet éducatif doit leur redonner confiance et espoir dans l’avenir.
Ne perdons jamais de vue que c’est la question sociale qui est au cœur du système, et que l’école ne peut à elle seule résoudre les problèmes matériels, les difficultés sociétales. L’emploi, principale préoccupation des Français, le pouvoir d’achat et le logement sont avec l’école les vecteurs du progrès et de la remise en route de l’ascenseur social.
N’oublions pas que les enfants et les jeunes passent moins de temps dans l’école qu’ils n’en passent au sein de leurs familles et dans leurs quartiers. Les associations d’éducation populaire ont, elles aussi, un grand rôle à jouer dans l’accès à la culture et l’éducation à la citoyenneté.
Il n’y a pas d’égalité des chances, il n’y a qu’une égalité à promouvoir, celle de la justice, du progrès social et des droits, en un mot l’égalité républicaine.


Marie-France Glaudel
Secrétaire de Section
Secrétaire fédérale chargée du Projet et des relations extérieures