Le vote du 29 mai : une dynamique positive
Marie-France GLAUDEL
Première Secrétaire Fédérale Adjointe des Vosges
Chargée des sections et des relations extérieures
Les syndicats, les associations, que nous avons rencontrés depuis le Congrès de Dijon, les collectifs, les citoyens que nous avons côtoyés pendant la campagne référendaire attendent de nous des réponses à des questions précises d’une part et des choix clairs sur un projet de société d’autre part. Ils veulent des réponses concrètes qui s’inscrivent dans un projet à long terme.
Il attendent que l’on soit en mesure de réparer les dégâts causés par la politique de Chirac –Sarkozy . Ils attendent des réponses sur les retraites, la santé, la protection sociale, des réponses concrètes sur le droit du travail, pour l’emploi, contre les délocalisations notamment dans le textile, sur le temps de travail, les salaires.
Des syndicalistes d’EDF/GDF que j’ai rencontrés récemment nous demandent si nous reviendrons sur la privatisation de ce service public et sur la modification de leur statut en même temps qu’ils posent la question d’un grand projet sur l’énergie maîtrisé par l’Etat : « Reviendrez-vous sur l’ouverture à la concurrence et ou comment en limiterez-vous les effets ? Aurez-vous la volonté politique de changer aussi certaines têtes au niveau des hauts fonctionnaires de l’Etat ? Quelles réponses apporterez-vous sur les institutions, la fiscalité, la décentralisation ? »
Tout comme les enseignants et les jeunes des mouvements lycéens qui se battent contre la réforme Fillon ou les salariés contre d’autres réformes libérales, ils ont dépassé les revendications catégorielles pour poser la question du choix de la société que nous voulons, celle où la question sociale sera centrale.
Tous ont conscience que la politique intérieure est indissociable des directives européennes décidées à Bruxelles.
Se pose alors le problème de la défiance envers les politiques et de l’ affirmation, par leur vote du 29 mai, de la volonté des citoyens à peser sur les choix politiques. Le suffrage populaire dépasse de loin le non à la politique gouvernementale : nous devons prendre en compte ce refus d’une politique décidée par les élites, le refus des politiques libérales, du fatalisme, la non acceptation de la résignation et du repli sous les contraintes des forces dominantes de la mondialisation.
Il faut prendre en compte cette nouvelle attente à l’égard des partis politiques, et notamment à l’égard du Parti Socialiste qui représente la force essentielle de l’alternative à gauche.
Il devra exprimer ses convictions avec force et rassembler tous ceux qui hésitent encore à reconnaître sa volonté de transformation sociale et de changement et sa capacité à combattre les dérives libérales. Nos partenaires attendent de nous des réponses claires sur des questions de politique nationales – précarité – emploi – éducation – services publics – logement – retraite – santé – des réponses pour ceux qui souffrent. Les couches populaires ou les classes moyennes, vaste champ de notre électorat, ne veulent plus d’un faux semblant d’alternative qui pour mieux s’accommoder du libéralisme viserait seulement à en atténuer les effets.
Les Français attendent des réponses concrètes sur des décisions que l’on devrait prendre rapidement mais aussi une orientation claire sur un projet pour notre pays indissociable d’un projet européen ambitieux : faire de l’Europe un levier contre la mondialisation libérale et refuser que notre économie soit inféodée aux fonds de pensions américains.
C’est au niveau de l’Europe que notre volonté réformatrice doit s’imposer si nous voulons voir aboutir notre volonté de transformation sociale et rassembler les forces de gauche et de progrès pour 2007, avec la jeunesse qu’il faut reconquérir. Les jeunes ont soif de justice sociale et ils ont clairement montré par leur vote du 29 mai qu’ils veulent agir et non subir l’orientation politique de l’Europe.
Pensons-y lors de la préparation de notre congrès, malgré la précipitation qu’on nous impose. Car il devra être le congrès de l’espérance, du rassemblement de la gauche et de la reconquête.

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